Chacun s'accorde à dire qu'il y a moins de femmes, jeunes ou adultes, qui pratiquent le tennis. La baisse est tangible depuis plusieurs années pour la majorité de nos clubs, qu'il s'agisse du loisir ou de la compétition.

Il devient compliqué pour nos adhérentes de trouver des partenaires, et les compétitrices subissent de plus en plus de sauts de classements dans les tournois. Pendant ce temps, de nombreux autres sports apportent des réponses aux attentes des femmes, alliant convivialité, pratique sportive, plaisir et adaptabilité.

Elles sont pourtant près de 40 000 licenciées dans notre grande ligue AURA et représentent près de 30% des licenciés ! C'est une vraie force ! Il est de notre ressort d'agir d'urgence pour prendre en compte les spécificités et contraintes de nos joueuses pour rendre la pratique plus attractive et l'adapter aux évolutions sociétales.

Il n'existe pas de solution miracle mais nos engagements constituent une base solide, comme par exemple l'utilisation d'animations qui fonctionnent dans nos clubs : rencontres exclusivement féminines, animations couplées avec d'autres activités, rôle des enseignants, etc.

Les témoignages de ce Parlons Tennis n°5 consacré au tennis féminin confortent nos convictions et enrichissent nos propositions.

Nous avons sollicité Mesdames Frédérique Thibault (ancienne n°1 française), Geneviève Navarro (ancienne 2ème série et bien connue et appréciée des courts lyonnais), Joëlle Delteil et Florence Pocheron (nouvelles Présidentes de Comités départementaux), pour qu'elles nous donnent leur avis.

Anne Nosengo, Compétitrice (15/2, multi-championne du Rhône), Juge-Arbitre (et formatrice), élue au Comité Rhône-Lyon Métropole

 

Vous pouvez également lire l'intégralité de notre programme, disponible en pdf.

Joëlle Delteil, Présidente du Comité du Puy de Dôme

Joëlle Delteil, vous connaissez bien le tennis féminin, quelles sont vos propositions ?

Nous avons la nécessité de développer une offre adaptée à chaque public en tenant compte des différences et des motivations de chacun.

Nous devons soutenir la compétition de haut niveau et dynamiser l'intérêt du public et des médias pour les tournois féminins.

Nous n'avons pas assez de DE féminin.

Nous devons faire des propositions variées pour une approche plus ludique du tennis auprès des jeunes filles et des femmes, ( le fit tennis, les TMC, les tournois de doubles sont très appréciés).

Nous avons mis en place un trophée pour les 13/17 ans non classées à 30/4 en équipe ( 2 SIMPLES un DOUBLE) et un tournoi de « nanaraquettes » compétition par classement s'étalant sur plusieurs mois , les joueuses ont le choix de l'heure et du jour avec un créneau de 15 jours.

Il faut sans cesse innover, attirer de nouvelles licenciées, les fidéliser sans oublier les futures championnes, trouver un équilibre pour que le tennis soit une passion et un plaisir.

Joëlle Delteil, présidente réélu du Comité du Puy de Dôme

Nos engagements
  • Agir auprès des présidentes de club et plus largement des dirigeantes afin de les sensibiliser fortement à cette problématique, les interpeller, et recueillir leurs suggestions pour construire un plan d'action.
  • Augmenter la parité hommes/femmes dans la population des DE.
  • Privilégier dans la vie du club, le jeu, l'ambiance chaleureuse dans les apprentissages et l'entrainement.
  • Adapter les horaires et les formats de compétition aux nouvelles contraintes familiales et professionnelles.
  • Mettre en valeur l'apport du tennis sur le bien-être, la santé physique et mentale ainsi que le plaisir de jouer comme préalable à l'envie de faire des matchs.
  • Intégrer dans la formation des enseignants, des modules adaptés avec des interventions de spécialistes (psychologues et sociologues)
Geneviève Navarro, compétitrice, ex Seconde Série

(photo : Geneviève Navarro (plein centre, devant le logo du club), avec toute le Comité de Direction du Tennis Club de Lyon)

 

Geneviève Navarro, très bonne ancienne joueuse du TCL, votre avis sur le tennis ?

Le tennis a été une partie essentielle de ma vie…et le reste !  Après de nombreuses années de compétition et d’enseignement, j’ai toujours autant de plaisir à le pratiquer en loisir. Outre le goût de l’effort, le maintien en forme, ce sport me permet encore de belles rencontres, des partages et de la convivialité.  

 

On note une baisse régulière des effectifs du tennis féminin. Que pourrait-on changer ?

Les femmes ne portent pas le même regard sur ce sport que les hommes. Elles sont plus à la recherche de la détente et de la convivialité quand elles ne le pratiquent pas en compétition, tout en cherchant à progresser. Il faudrait privilégier ces points au sein des clubs : écouter leurs attentes et proposer des événements adaptés à leurs envies de pratiquer leur sport.

Pour celles qui aiment la compétition, on pourrait envisager de nouveaux formats de compétition adaptés à leurs contraintes familiales et professionnelles. De nouveaux formats pourraient également être envisagés pour les petites filles.

Il y a peu de DE féminines dans les clubs, et elles peuvent apporter un plus dans une approche différente de l'enseignement. Intégrer des interventions de spécialistes dans la formation des enseignants est une excellente idée.

Il faut être à l'écoute de tous... et de toutes ! C'est pourquoi je soutiens le programme de Gilles Moretton !

Geneviève Navarro, compétitrice (anciennement 2nde série), membre du Comité Directeur du TC Lyon

Frédérique Thibault, ex-Numéro 1 Française

(photo : Frédérique Thibault (à droite), à son Académie de Megève)

 

Frédérique Thibault, vous avez été n°1 française et Championne du monde des +40 ans, quelle est votre perception du tennis féminin de haut niveau ?

Je suis depuis 15 ans responsable de la Megève Tennis Académie.

Pour le tennis féminin du haut niveau, je pense qu'il faudrait rester plus proche de la famille et les aider à comprendre les enjeux. Il faudrait qu'elle soit accompagnée par des personnes qui connaissent le haut niveau.

 

Comment réduire la baisse des licenciées ?

La baisse des licenciées me semble normale car la vie a changé et les femmes travaillent. Elles sont donc beaucoup moins disponibles. On constate aussi beaucoup moins de jeunes joueuses dans les clubs.
Ces jeunes n'arrivent plus à faire des tournois par manque de joueuses dans les petites catégories. Pourquoi ne pas les faire jouer avec les garçons dans les petites catégories vu que dans les clubs elles s'entraînent déjà avec eux
À mon époque cela existait déjà

Frédérique Thibault, BEES 3ème degré, ....

Florence Pocheron-Luyat, Présidente du Comité de l'Ain

(photo : Florence Pocheron-Luyat, lors d'une remise de prix des Individuels de l'Ain)

 

Florence Pocheron-Luyat, vous venez d'être réélue brillamment à la Présidence du Comité de l'Ain, quelles actions souhaitez vous mettre en oeuvre pour le tennis féminin pendant votre mandat ?

Je ne citerai que les plus importantes :

  • proposer des formats de jeu aux féminines en adéquation avec leurs contraintes et envies.
  • promotion et organisation d'une journée départementale sur 4 zones en simultané selon l'enquête menée en 2017
  • conforter la compétition traditionnelle avec un accent particulier sur la compétition plaisir, synonyme de convivialité et de simplicité comme les TMC, les raquettes FFT et la coupe des dames.
  • regrouper les initiatives proposées par les clubs